Permis de bâtir au plus bas depuis 22 ans : une action urgente s’impose pour répondre à la crise du logement

Le nombre de permis de bâtir pour des logements neufs (maisons unifamiliales et appartements) a atteint en 2024 son niveau le plus bas depuis 2002, ce qui est dramatique, selon Embuild. La demande en logements est pourtant énorme : entre aujourd’hui et 2030, il faudra construire 75 000 logements supplémentaires par an pour suivre la croissance démographique. « Le fossé entre l’offre et la demande sur le marché immobilier ne cesse malheureusement de se creuser, ce qui met une pression énorme sur les locataires comme sur les acheteurs. Il faut absolument inverser cette tendance au plus vite pour éviter une crise du logement incontrôlable. La construction neuve, mais aussi la rénovation, doivent être stimulées à l’aide d’instruments fédéraux et régionaux. Nous appelons les gouvernements à activer rapidement les leviers fiscaux et financiers comme la TVA, les permis, les primes ou encore les prêts. Une activité accrue dans la construction et la rénovation est aussi bénéfique pour les finances publiques : chaque mesure de soutien se rembourse en grande partie », déclare Niko Demeester, administrateur délégué d’Embuild.
Selon Statbel, 44 015 permis ont été délivrés en 2024 pour la construction de maisons unifamiliales et d’appartements, soit le plus bas niveau en 22 ans. D’après les chiffres d’Embuild, l’activité dans la construction de logements a chuté de 7,3 % en 2024, après déjà deux années difficiles. Pour 2025, la tendance reste négative, avec une nouvelle baisse de l’activité attendue de 3,3 %, ce qui est particulièrement inquiétant.
« Il faut construire bien plus de logements pour répondre à l’augmentation du nombre de personnes seules, de familles monoparentales et de seniors qui restent à domicile. Il faudra construire 375 000 logements en Belgique au cours des cinq prochaines années. Sans cela, nous risquons une véritable crise du logement, comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas », souligne Niko Demeester, CEO d’Embuild.
La fédération du secteur appelle donc les différents niveaux de pouvoir à relever ce défi. Cela passe par une série de mesures touchant la TVA, les primes, les prêts, les garanties et les permis, mais aussi par une accélération des procédures. Les autorités locales ont également un rôle essentiel à jouer, en autorisant davantage de constructions, y compris en hauteur, dans les centres des villages. Cela permettra de préserver l’espace libre, malgré l’augmentation de la population.